Ecrire pour dire, sortir de soi ce qui ronge et fait mal, exprimer hors de son corps ce que son corps cherche à dire. Exprimer la joie la douleur, la reconnaissance, l’amour, la vie... Si je savais dire, si je pouvais parler, si ma voix était plus forte et mes mots plus libres, alors peut- être, je n’écrirai pas. Mais ce serai un plaisir en moins, une solitude, une paix que je ne connaîtrai pas. Et mon écoute du monde serait vaine…
LES ANIMAUX DE MON JARDIN
Petite chatte
Blanches pattes et queue tigrée
Tu cours et tu joues
Chat en pot 
Belle vue sur le jardin
Oh ! fleurs écrasées
Sapin toiletté
Sous sa branche ratissé
Chat fais sa toilette
Cabane de jardin
Du soleil sur les sapins
Une poule est perchée

Cot cot la poule
Plumes blanches et noire la queue
Gratte et picore
Mésange picore
Sur le bord de ma fenêtre
Souffle retenu

Escalier de pierre
Un gris, un blanc et un noir
Sur chaque marche un chat
Les arbres et les fleurs
Un gai jardinier
Amoureux des pivoines
Oublie son aimée
Respirer l’air doux
Lumière dorée du soir
Par la fenêtre
Sur le chemin creux
Une fleur élégante
Arrête mes pas
Jolie découverte
En haut de mon escalier
Un bouton de rose
Soir d’été douceur
Œillets pensées et glaïeuls
T’offrent leur parfum
Penché sur la terre
Tu as mis ton tablier
Graines dans ta main
Sous la terre le bulbe
Planté à l’envers à l’automne
Fleuri au printemps
A l’abri du vent
Entre Lila et genet
Ma tranquillité
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AUTOMNE
Joyeux craquement
Feuilles multicolores
Sous nos pieds bottés
Lundi le brouillard
Mardi soleil revenu
Mercredi la pluie !
Incertitude
Dehors le vent s'est levé
Quand reviendra t-il ?
Des arbres pliés
Par les rafales de l’Autan
Ce vent qui rend fou
La nuit qui tombe
Emporte le vent d’autan
Dans sa nébuleuse
Assoupissement
Après le grondement du vent
Fureur de la pluie
Sol jonché de noix
Qui s’étalent sous la pluie
Et brillent au soleil
Les nuits s’allongent
Matin au bord du sommeil
Le jour ne vient pas
Octobre au soleil
L’été s’attarde encore
Les ormeaux encore verts
Le gris de novembre
Arrivera si vite
Déjà les regrets
Jardin d’automne
Cochons d’inde poules et chats
Jouent sous les feuilles
Douceur du foyer
Un bon livre auprès du feu
Dehors le chat miaule
Première gelée
Les feuilles du noyer
Tombent une à une
Arbres dénudés
Dans le ciel encore bleu
Maigres silhouettes
LA VIE EN PASSANT
Détour d’un lacet
Phares dans le rétroviseur
Des bonds caillouteux
Enfant que je sens
Je t’aime plus que ma vie
Reste au creux de moi
La mer était grise
Le vent emportait sa plainte
Jusqu’à Portimer
Un piano à queue
Egrène une mélodie
Triste dimanche
Glisse doucement
Du jour vers la nuit des temps
Reste encore un peu
Père et son enfant
Rester encore un peu là
Au chaud contre lui
Deux balançoires
Des souvenirs oubliés
Le soir est tombé
Lac de montagne
Sur la rive un enfant joue
Le ciel est dans l’eau
Les jours ont passés
Ma peine toujours est là
Enfouie dans mon cœur
Cercueil refermé
Ton fils t’a accompagné
Des larmes à ses yeux
Des larmes de pluie
Sur ton cercueil en chêne
Adieu pour toujours
Douleur partagée
Tes enfants te disent adieu
Cœurs brisés, unis
Dans un ciel d’encre
Pluie d’étoiles éparpillées
Lune rousse affalée
Vide incandescent
Ma conscience désintégrée
Méandres du néant
Orage imprévu
Frappe et fait tomber la pluie
Le soleil revient
Feu d’artifice
Longue attente de l’enfant
La pluie à minuit
HIVER
Croûte de sel
Immobilité gelée
L’hiver en
été
*****
Sur les grands aulnes
Dans le souffle froid du vent
Tombe la neige
*****
Etoiles dansantes
Sur le chemin silencieux
Trace de mes pas
*****
Craquement du feu
L’enfant sursaute et pleure, vite
Les bras de sa mère
Dehors une lueur blanche
Le silence de la neige
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